(Texte 1595)
L'ex-maire de Tours et ancien ministre de droite Jean Royer, est mort vendredi 25 mars 2011 à l'âge de 90 ans.
Jean Royer, qui souffrait depuis plusieurs années de la maladie d'Alzheimer, avait été admis en début de semaine à l'hôpital Trousseau à Tours. Il s'était retiré de la vie politique nationale en 1997 après la fin de son dernier mandat à l'Assemblée nationale, où il siégeait depuis quatre décennies.
Deux ans plus tôt, il était battu aux municipales dans sa ville de Tours, qu'il dirigeait d'une main de fer depuis 36 ans, par le socialiste Jean Germain.
Né à Nevers le 31 octobre 1920, dans une famille modeste, il avait fait ses classes à l'École normale de Loches (Indre-et-Loire). Il devient instituteur puis professeur de collège dans la ville auquel son nom restera à jamais attaché : Tours.
Pourfendeur inlassable de la pornographie et de l'avortement, défenseur de la morale traditionnelle, ce gaulliste austère était entré au gouvernement de Pierre Messmer en 1973, comme ministre du Commerce et de l'Artisanat. Il y laissera une loi, toujours en vigueur, qui réglemente l'ouverture des grandes surfaces.
Un an plus tard, il devient ministre des PTT. La mort du président George Pompidou en 1974 met fin à sa carrière gouvernementale.
Ce chantre de l'ordre moral se fera surtout un nom - et un surnom, «père-la-pudeur»- pour sa croisade contre la pornographie, en pleine révolution sexuelle post soixante-huitarde.
«Je n'ai pas calculé le fait que j'allais bousiller ma carrière pour ça», relèvera-t-il plus tard lors d'une interview en évoquant cette croisade. «J'ai fait mon devoir».
Dans son fief de Tours, ville «qu'il avait épousée comme on entre en religion», selon La Nouvelle République, Jean Royer a laissé l'image d'un maire bâtisseur, plus ou moins autocratique. Dès les années 60, le «roi Jean» étend les frontières de la ville en y rattachant des communes environnantes, il fait aménager les rives du Cher au sud, met en valeur le centre historique.
Puis il fait venir le TGV en centre-ville et lance la construction du futuriste centre des Congrès Vinci dessiné par Jean Nouvel en face de la gare.
En 1995, il brigue le mandat municipal de trop. Il est battu lors d'une triangulaire par le socialiste Jean Germain, l'actuel maire. Cette défaite sonne le début de la fin de sa carrière, il abandonne la députation deux ans plus tard et se retire de la vie politique.
[D'après Ouest-France, 25/03/11].
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LA LETTRE infos28paris n° 79 - 15/04/2011
(Texte 1595)
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