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15 avril 2011 22:00
 

"LE mieux est l'AMI DU BIEN" de frederic lefebvre

 
Le prologue du livre de FL (extraits)

(Texte 1598)

Frédéric Lefebvre
Le mieux est l'ami du bien

(Éditeur Le Cherche Midi, Collection Documents, 530 pages,
18,50 €, format 156 x 241 cm, mars 2011)

EXTRAITS DU PROLOGUE DU LIVRE DE FL

"...La politique est ma passion. A 46 ans, après trente ans de politique active, j'ai connu de foutues épreuves. Comme tout le monde, me direz-vous. Elles n'ont en tout cas fait que préciser mon regard amoureux sur notre pays. Elles ont été autant d'obstacles que j'ai essayé de transformer en atouts. Tout petit, je suis tombé dans cette marmite où mijotent nos rêves imprudents, comme Obélix dans la potion magique. Est-ce cela qui m'a donné la force de résister à un monde dont je n'apprécie pas, comme beaucoup de Français, les codes enragés ?
Rêveur casqué ; un casque ailé d'espoir pour ce pays bagarreur, si prêt à se sortir lui-même de la mêlée mondialisée mais si prompt à se bagarrer, juste pour le sport.
Pourtant, durant toutes ces années, j'ai surtout pris du plaisir. Beaucoup de plaisir. Si je devais d'ailleurs me risquer à une définition de l'homo politicus, je dirais qu'un homme politique, un vrai, c'est celui qui prend du plaisir à en donner aux autres. Le plaisir des autres est mon moteur. Je ne déteste rien de plus que les politiques qui passent leur temps à expliquer qu'ils se sacrifient, à se plaindre de tout et de rien.
J'ai au contraire la chance d'aller bosser tous les matins le sourire aux lèvres. Ma vie est riche. Je me dis souvent : "Ah ! si j'en faisais un livre !". Pour autant, je ne suis pas devenu fou. Pas question de me mettre à écrire mes mémoires. Et puis il n'y a rien que je ne déteste plus que ceux qui mettent sur le papier les secrets de belles conversations qui n'étaient pas faites pour être partagées. J'entends par le plus grand nombre. Je ne dis pas qu'un souvenir ne permet pas d'éclairer une pensée ou de retracer la genèse d'une idée. Mais le manque de pudeur qui consiste, au prétexte que l'on a eu la chance de vivre des événements exceptionnels ou d'être acteur de l'élaboration de stratégies gagnantes, à les dévoiler dès qu'on en a l'occasion ne grandit pas leurs auteurs. Il faut pourtant un brin de folie pour se lancer, comme je le fais, dans l'écriture, se mettre à nu au travers des mots :

"Toute ma vie j'ai été assez fou pour vouloir le bien des autres. Certains sont obsédés par leur propre plaisir, pingres de tout, avares d'échanges. Mon ADN est celui d'un épicurien à tous crins. Pour les autres. En meute. Ce plaisir d'imprudent m'a saisi à la puberté. Très vite, j'ai cessé d'être puceau de la politique. A 16 ans, je flirtais déjà avec la République ; ce qui laissait de marbre mes potes, plus enclins à enlacer des créatures. Seul l'amour, le vrai, avec celle que la vie m'a donnée, si tôt (un don du ciel !), une allumée de l'amour absolu comme moi, m'a inoculé la force d'y aller à fond.
Et puis un jour, j'ai rencontré un autre malade des autres : un d'Artagnan du collectif, un toxico de la République...".

Si j'avais pastiché Alexandre Jardin, c'est comme cela que j'aurais pu commencer ce livre.
C'est si amusant de jouer avec les mots des auteurs, d'essayer de se faufiler dans leur langue. Et de chevaucher leur santé. Si j'avais emprunté la verve bourrue, mousquetaire et pirouettante d'un Clémenceau, cela aurait donné...
Non, je m'arrête. Les livres qui me réchauffent sont toujours la voix nue d'un homme, d'une sincérité qui galère, la blessure d'un incompris, la folie d'un créateur, la passion d'un amoureux ; des pages brochées qui disent "je" à toutes les lignes. En pensant avec le ventre, l'âme et les poings. Même et surtout lorsqu'il est question des autres.

Certains seront peut-être tentés de me dire que j'écris comme je parle. Ou plutôt qu'il y a le même décalage entre mon écriture et celle des autres politiques, qu'entre mon discours et celui des autres politiques. Je le prendrais comme un joli compliment.

Si l'envie m'est venue de prendre la plume, c'est que j'ai ressenti ce besoin de partager mes émotions mais aussi et surtout les idées urgentes que j'avais dans le ventre. On pourrait penser qu'en tant que porte-parole de ma formation politique, les occasions ne manquent pas de le faire. Ce n'est pas faux, et j'en ai usé plus d'une fois. Mon combat pour imposer l'idée du plafonnement global des niches fiscales face à la perplexité de tout le gouvernement en était un exemple. Mais cette fonction de porte-parole dans une démocratie française qui manque tellement de maturité ne laisse pas toujours le loisir de porter ce que l'on croit vraiment...".


[Le mieux est l'ami du bien, livre de Frédéric Lefebvre
Éditeur Le Cherche Midi, Collection Documents, 530 pages,
18,50 €, format 156 x 241, mars 2011].

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LA LETTRE infos28paris n° 79 - 15/04/2011
(Texte 1598)
www.infos28paris.presse.fr

 
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